Equipes de France

Il est intéressant de remarquer dans la déroute sportive et managériale de l’équipe de France ce que nous constatons si souvent en entreprise ou dans les associations.

Dans un premier temps, la surface des choses fait apparaître de mauvais résultats avec des personnes qui ne se bougent pas beaucoup.

Le deuxième niveau d’analyse permet de poser la question du management. Bien souvent, nous rencontrons un petit chef, sur de son fait, qui se moque du monde et ne respecte personne tant il est attaché à ses prérogatives et tant sa vision globale est réduite. S’y rajoute souvent un autoritarisme forcené qui masque mal la compensation du manque de confiance en soi.

Rares sont les cas d’égocentrisme hypertrophié comme dans le cas de Domenech mais quand nous les rencontrons, ce dernier facteur accentue dramatiquement la situation.

Face à ces insuffisances flagrantes, il s’agit de comprendre comment il est arrivé là, qui a accepté cette situation et s’y est attaché contre vents et marées, alors même que les indicateurs démontrent depuis longtemps l’incompétence.

Nous remontons souvent alors à la racine du mal, soit un dirigeant qui ne veut pas reconnaître ses erreurs et accepter de changer de posture tant qu’il en est encore temps. A nouveau, se retrouve une incapacité à changer, à accepter de collaborer réellement avec des personnes qui peuvent apporter compétences et avis éclairés. Le mal être de l’encadrement se retrouve souvent dans ces cas et le taux de dépression spectaculaire de l’encadrement français en est la preuve. France Telecom a montré jusqu’où cela pouvait mener !

Aussi décevant voire incompréhensible que cela soit et que surtout cela puisse perdurer, nous témoignons que cette situation est fréquente. La médiatisation du sport permet de bien visualiser ce qui se passe dans ce cas. Mais tous les jours se retrouvent abattus des cadres compétents mis au placard de l’action par des  supérieurs trop sûrs de leur fait.

Or ce que tout le monde n’a pas compris, c’est que seule la compétence procure la vraie autorité. Celle qui va fournir un vrai leadership qui fait que les gens se dépassent avec motivation puis bonheur. Les équipes de handball le prouvent régulièrement depuis plus d’une décennie, elles qui changent de génération de joueurs, qui remplacent leur entraîneur mais conservent la même compétence à valoriser les talents, la même ouverture, le même respect des joueurs… et qui cumulent du coup les résultats positifs !

Si nous ne pouvons dire que notre pays possède l’apanage de ce boulet, il faut constater la lente descente de l’efficacité économique de la France validée par l’OCDE depuis longtemps. Nous considérons qu’une bonne partie du problème est culturel, l’individualisme à la française étant relayé, ce que tous les étrangers vous confirmeront, par la certitude d’en savoir plus que les autres.

Alors effectivement de temps en temps De Gaule ou Zidane donnent l’impression que nous pouvons déplacer des montagnes. Mais pour ces rares personnalités qui transcendent la fonction, combien de présidents autocrates ou de cadres sans génie ni envie ?

L’éducation à la française et les codes sociaux de notre pays donnent plus envie de briller que de réussir, plus envie d’exister que de construire, plus d’envie de paraître que d’être.

Dans un monde aussi complexe, personne ne peut prétendre à la connaissance absolue et n’est en mesure de se passer de la richesse que peut lui apporter l’autre, divers et rempli des connaissances et compétences acquises dans un univers et une histoire différents.

L’observation du sport est toujours édifiante en management, alors tirons en des conséquences positives pour tous les environnements où la performance dépend d’une équipe… c’est à dire quasiment tous !!!

Acceptons le partenariat et le travail en équipe, modifions les règles de gouvernance et souvenons nous que rien ne se construit de manière durable sans effort, seul et sans envie de changement.

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2 réponses pour l'actualité “Equipes de France”

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